Reflets - Antoine Perez

Du 12 au 26 février 2016

galerie

Dans le cadre de la 19ème résidence d'artiste, l'arteppes-espace d'art contemporain présente une exposition d'Antoine Perez.

Vernissage mardi 12 janvier à 18h30
Visite commentée samedi 6 février à 14h

 

 
air de par ici, 2012
boîte coquillage nacre et velours, panneau solaire, ventilateur, moteur
22 x 13 x 6 cm (ouverte 22 x 25 x 3 cm)

 

Entre sauvage et rationnel
Voyager entre les signes, les codes et les identités ne relève pas uniquement de l’art contemporain, c’est le fait que l’art contemporain s’en empare cumulé à une mondialisation agissant comme une loupe laissant apparaître les détails qui nous fait voir ces formes comme neuves. Seulement, tout dépend de qui tient la loupe et ce qu’il pointe. Cette relativisation me permet de dire que des aller-retours sont possibles, et des glissements de genre sont possibles. Ma pratique artistique est liée à la vie, elle est donc liée à cette même instabilité, faite de passages d’un état à un autre, non pas de manière linéaire (contrairement au khronos qui ne permet pas le retour vers le passé, on ne peut pas revenir en arrière), mais sur plusieurs temps et plans à la fois. Elle est coussin, elle est toit, elle est socle. Elle est leur rapport, leurs confrontations. Elle est art, la mise en jeu de ces formes et de ces concepts, de leurs histoires. Bref, de ce qui les a précédé. On peut s’asseoir sur un socle, on peut brûler un livre pour se réchauffer.
L’objet a une histoire sans l’Homme mais c’est l’Homme qui lui crée une histoire.
Une autre possibilité serait de se situer sur une frontière floue, une zone marécageuse entre rationnel et sauvage, afin de mieux mesurer les degrés, être entre ces deux points.
Certains initiés sur les hauts plateaux boliviens ont des pratiques aussi concrètes par exemple que d’aller dans le désert pour déterminer si les pierres qu’ils y trouvent sont mâles ou femelles, comme aurait pu/pourrait le faire un artiste contemporain. Les innovations, plus que des lieux ou des temps, ont des émetteurs puissants. Mais qui dépendent de capteurs compatibles. Directement sortis d’usine ou bricolés avec des grilles de barbecue ou des fourchettes, ce qui peut altéré légèrement leur lisibilité selon paradoxalement leurs lieux et temps (donc leur contexte).

galerie

Le Grand Machin, 2012
structure métal, cosses de durians, contenants plastiques, lampes
210 x 150 x 80 cm
Alliance Française de Kuala Lumpur, Malaisie

L’art contemporain et les autres mondes
Les indigènes des communautés zapatistes du Chiapas ont coutume d’utiliser dans leur propagande le mot «caber» qui signifie «tenir dans», «contenir», «rentrer». «Queremos un mundo donde quepan otros mundos» , un de leurs slogans, signifie donc: «Nous voulons un monde où pourraient tenir d’autres mondes».
L’art contemporain existe donc en même temps que l’art traditionnel, les œuvres-sources en même temps que les œuvres ayant pour référenciel telle ou telle culture. Je me vois comme un passeur, un relais, diffuseur et partageur d’information. Installé sur un écotone, ces zones de transition entre deux écosystèmes, je ne vois pas ce qui m’empêcherait d’utiliser la traduction, l’interprétation, puisqu’elle conditionne déjà tout échange, qui plus est commercial. Tout documentaire se présentant comme non-fictionnel a pourtant son propre référent culturel, ce qui ne l’empêche pas d’aller voir ailleurs, et c’est souvent son intérêt.
Cependant la réappropriation ne doit pas aller jusqu’à nier l’origine, au risque de créer une forme vide.  Peut-on dire pour autant que la  seule fonction esthétique est une forme vide? Vide de sens, de signification. Ce pourrait être le cas des slogans, des symboles, d’une esthétique attribuée à un mouvement... que l’on retrouve sur des habits ou des produits de grande consommation. Ils sont détournés, traduits, et évoque à celui qui sait, qui en connaît l’existence et l’interprétation première ou celle qui en a été faite. Formes réellement vides ou bien à des degrés différents d’évocations? Ce sont déjà des débuts d’usages.


Antoine Perez, textes extrait du livre «Les Petits actes anodins»

Dessin réalisé d’après une image de l’occupation du parc Paul Mistral à Grenoble, 2003
peinture sur vitre

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